Glénan : Un archipel de contrastes, de rencontres et de passages, qui est a la fois enfer et paradis par Jean Puloc'h.
Iles : le magazine de toutes les îles N°28

Au temps ou les mammouths broutaient a Beg-Meil, les Fouesnantais, tellement habitués a la beauté de leur merveilleux pays, en étaient arrivés à oublier de l'admirer et de l'aimer ! Devant une telle ingratitude, une partie du pays se révolta et prit le large pour ne s'arrêter qu'a une dizaine de milles de Beg-Meil.

L'archipel, bon enfant, garde ses liens privilégiés avec Fouesnant mais ne tarde pas à être outrageusement courtise par les Concarnois et les Bigoudens ! Et pour cause...

Composé de sept îles principales, Glénan compte aussi de multiples îlots répandus dans la mer comme des perles qui auraient glisse entre les doigts du Créateur.

Même si le cadastre ne le mentionne pas, ces parcelles sont la propriété des goélands, cormorans et sternes qui, avec la complicité des vagues de l'Atlantique et des écueils judicieusement disposes défendent, bec et ongles, leurs résidences.

Contrairement aux mouettes qui, notre connaissance, n'ont jamais revendique la propriété de leur habitat, il n'en est pas de même des moines de l'Abbaye de Saint-Gildas de Rhuys dans le golfe du Morbihan, qui prétendirent des l'an 399 être propriétaires des lieux par don de Gradlon, roi de Cornouaille...

Ils en resteront maîtres jusqu'en 1791, date de la vente des biens ecclésiastiques, et les îles seront rachetées par le sieur Kernaflen de Kergoz.

L'ensemble de l'archipel restera aux mains d'un même propriétaire jusqu'en 1894, date de la vente séparée de Drennec, puis en 1910 les autres les trouveront d'autres acquéreurs. Si les hommes se sont intéressés à ces îlots depuis la nuit des temps c'est que Glénan est à la fois enfer et paradis.

Enfer lorsque l'océan en furie se déchaîne contre ces cailloux judicieusement disposés, comme un rempart de protection a la cote fouesnantaise et à la baie de la Forêt.

Combien de frégates, lougres et chasse-marées ont été drossés sur les récifs lors de ses colères imprévisibles ?

Combien d'hommes, qu'ils soient marins-pêcheurs, de la Royale ou de la Marchande, ont payé de leur vie le tribut réclamé par la mer ?

Et cependant, c'est à la mauvaise saison que les vrais marins viennent se mesurer avec l'océan. Qu'ils soient pêcheurs ou navigateurs de plaisance, tous veulent braver un jour la fureur des flots, pour graver en eux le souvenir indélébile d'une lutte toujours dangereuse et à l'issue parfois incertaine.

C'est à la fin de l'une de ces sorties qu'il fait bon faire escale a Saint-Nicolas et venir se réconforter en contant ses exploits chez Castric et Marchadour, où l'on sait de quoi on parle.

Paradis, lorsqu'à la belle saison, les îles se baignent langoureusement dans une mer calme et extraordinairement transparente. La limpidité de l'eau permet alors aux plongeurs du Centre international de Saint-Nicolas de découvrir des fonds sous-marins exceptionnels, et la mer, généreuse, permet alors l'exploration de ses épaves qu'elle conserve jalousement, retenues à jamais dans son musée infini.

Paradis, lorsque le Centre nautique des Glénan, crée par Philippe Viannay, ouvre ses stages aux îles. La réputation de ce centre a largement contribué à la connaissance et au renom de l'archipel dans le monde. C'est, dit-on, l'antidote des clubs de vacances. Non content d'initier les stagiaires a la voile et de former des moniteurs, le Centre nautique, créateur du cours de navigation des Glenan, à suscité un nombre considérable de vocations de marins. Il a participe, par la mise au point de bateaux modernes et adaptés aux navigations atlantiques, a un véritable renouveau de la marine de plaisance en Europe. Mais la péché à toujours été l'activité privilégiée des lieux. Homards, langoustes, araignées de mer et autres crabes cohabitent dans la chambre, centre de l'archipel, avec toutes sortes de poissons qui se promènent en bancs et apportent aux îles une activité saisonnière pour les marins-pêcheurs de la côte.

Depuis les temps anciens, les pêcheurs-cultivateurs, car il y avait une ferme sur chaque île, ont fait commerce de leurs produits et captures soit avec les pirates qui infestaient les parages soit avec les commerçants continentaux qui revendaient les crustacés de l'archipel aux meilleures tables de la capitale.

Aujourd'hui encore le grand vivier des restaurants Prunier est utilisé par Jean Castric. A la belle saison, il acceptera d'attraper devant vous un magnifique homard, pour vous le faire déguster grillé ou à l'armoricaine selon votre goût. Et si le coeur vous en dit, allez admirer la plus petite réserve naturelle de France ou fleurit le narcisse de Glénan, variété endémique a l'archipel.

A Glénan, lieu magique de rencontres, tout se partage ! Les hommes avec les oiseaux, les poissons avec les crustacés, les pêcheurs avec les plaisanciers. Gwenn-Aël Bolloré lui-même, écrivain et propriétaire de l'île du Loc'h, doit partager avec la sorcière "la Groac'h", qui comme nul ne l'ignore là-bas, demeure en son palais situe au fond du Loc'h (étang) de l'île.

Jean Puloc'h, charge des îles de Glénan

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